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FB8ZQ - Amsterdam Isl. - Histoire d'Amsterdam
Amsterdam blason TAAF.jpg HISTOIRE D'AMSTERDAM Amsterdam ile.jpg

Amsterdam Sebastien de el Cano - Victoria.png

Ce sont les compagnons de Magellan, tué aux Philippines le 27 avril 1521 au cours de son tour du monde, qui le 18 mars 1522 à bord du "Victoria", sous les ordres de Juan Sébastien de el Cano, découvrirent la plus haute des deux îles appelée maintenant Amsterdam.

Le journal de Francisco Alvo, pilote du "Victoria" venant de Timor (île de la Sonde) et allant au Cap, est formel à cet égard. Il y est dit, à la date indiquée, que son navire, passant par 37° 35' de latitude Sud "se trouve en vue d'une île élevée ayant environ 6 lieux de tour et paraissant inhabitée, mais qu'on ne put y prendre pied malgré plusieurs tentatives".

Une centaine d'années plus tard, le navire hollandais "Zeewolf" commandé par Harwick Claesz de Hillegon, aperçu par temps brumeux la plus méridionale des deux îles (Saint-Paul), dont il fixa la latitude à 38° 50' Sud. N'étant indiquée sur aucune carte, il lui donna le nom de son navire mais cette désignation ne fut pas adoptée par la suite. Quant à l'origine de ce nom, le géographe et géologue Charles Velain l'a retrouvée dans un portulan (carte marine que l'on dressait au Moyen-Âge) du temps de Henri II. C'est celui d'Evert Gysberths de 1559 qui indique par 38° de latitude Sud, une île avec cette mention "T.Q. DESCRIBO O NAO S.PAULO".

Amsterdam Saint Paul.jpgLe 17 juin 1633, le gouverneur hollandais Van Diemen se rendant à Java, passant entre les deux îles à bord de son navire le "Nieuw-Amsterdam", donne ce nom à la plus septentrionale des deux îles, le nom de Saint-Paul étant conservé pour la seconde.

Il faut attendre 1696 pour que l'on vienne sur ces îles. C'est le hollandais Van Vlaming qui y débarque et les visite. Son récit donne peu de détails sur Amsterdam, mais contient une intéressante description de Saint-Paul et l'opinion accrédita que la découverte de ces îles était due à Vlaming. En 1792, l'amiral d'Entrecasteaux et Huon de Kermadec, allant en Tasmanie à la recherche de La Pérouse avec 2 flutes de 500 tonneaux, "La Recherche" et "L'Espérance" s'arrêtent les 28 et 29 mars devant Amsterdam ce qui permit à l'ingénieur Beautemps-Beaupré de faire un rapide lever de la côte orientale.

Amsterdam recherche esperance.jpg

L'année suivante en 1793, lord Mac Cartney, en route pour la Chine, vient mouiller le 1er juillet avec ses deux vaisseaux "Le Lion" et "L'Indoustan" devant Saint-Paul. Il ne fait qu'une brève excursion à terre où il trouve un marin brestois, Péron, qui lui fournit de nombreuses informations sur l'île. Peron naviguait sur "L'Émilie" commandée par un américain, quand il fut lâchement abandonné le 1er septembre 1792 sur l'île Saint-Paul en même temps que quatre autres matelots. Ses compagnons finirent par s'entretuer et le marin brestois devait demeurer sur l'île quarante mois. Il mit à profit son séjour forcé pour l'étudier, pour en dresser une carte très intéressante qui porte le nom d'Amsterdam, perpétuant une erreur datant du voyage du navire "Mercury", quelques années auparavant. Peron occupait aussi ses loisirs à chasser les otaries, très nombreuses alors et à préparer leurs peaux. Pendant qu'il pilotait lord Macartney, débarqué sur l'île, les compagnons de ce dernier lui en dérobèrent plus de 800.

Après l'épopée du marin brestois, l'île Saint-Paul ne reste pas pour autant inhabitée puisqu'en 1889, le capitaine Blair du "Clyde" trouve un français et trois créoles qui pêchaient et préparaient du poisson qu'une goélette venait chercher tous les ans.

Amsterdam Dumont Urville.jpgVenant de la Trinidad et allant en Australie, Dumont d'Urville sur "L'Astrolabe" aperçoit les deux îles. L'incertitude qui planait toujours quant à leur position fut levée en 1837 par le futur amiral Cécille commandant "L'Héroïne", chargé de porter aide aux baleiniers, mais l'île Saint-Paul n'est toujours pas occupée et ni celle-ci, ni Amsterdam ne semblaient appartenir à aucun pays.

A partir de cette époque, Saint-Paul et Amsterdam sont surtout fréquentées par des baleiniers américains et anglais qui, souvent, laissent quelques hommes pour faire la chasse aux otaries dont la fourrure était très estimée en Chine.

Un groupe de commerçant de l'île Bourbon (la Réunion), désireux d'organiser une station de pêche à Saint-Paul presse le gouverneur de prendre possession des deux îles. Par arrêté en date du 8 juin 1843, le gouverneur charge le capitaine au long cours, Martin Dupeyrat de cette mission, c'est ainsi que le 1er juillet, l'île d'Amsterdam devient française et que l'île de Saint-Paul le devient aussi dès le 3. Le pavillon national est hissé, le capitaine Dupeyrat retourne à bord de son bateau "L'Olympe" vers la Réunion, laissant sur place à Saint-Paul le premier détachement de l'infanterie de marine et quelques pécheurs sous les ordres d'Adam Mieroslawski.

Six mois plus tard, le capitaine Guérin chargé de ravitailler la petite garnison de Saint-Paul et les pêcheurs établis dans le cratère rentre et fait un rapport pessimiste sur les ressources et les conditions de vie offertes par l'île. Des l'année suivante le gouvernement français fait savoir qu'il ne ratifie par le récent acte de prise de possession, la garnison est alors évacuée, l'établissement de pêche, privé d'appuis officiels, périclite et doit être abandonné en 1853.

Ces îles redeviennent des îles à conquérir et, bien que sans propriétaire, elles seront assez souvent visitées, cette seconde moitié du 19ème siècle étant marquée par plusieurs expéditions scientifiques. C'est ainsi que du 19 novembre au 6 décembre 1857, la frégate autrichienne "La Novara", débarque une équipe scientifique à Saint-Paul et procède à une étude approfondie de la flore, de la faune et de la formation géologique de ce volcan insulaire. La même année, la bateau "Napoléon III" commandé par le capitaine Morel fait naufrage à Saint-Paul et perd son chirurgien et un matelot.

Amsterdam qui jusque-là n'avait vu que quelques pêcheurs, chasseurs ou naufragés, va devenir dès le mois de décembre 1870, une terre à coloniser et c'est le fait d'un habitant de l'île bourbon, Monsieur Heurtin, qui débarque de "La Sarcelle", le 18 janvier 1871 avec sa famille et quelques compagnons pour tenter des essais de culture et d'élevage de bovidés. Les essais furent négatifs, et Heurtin et les siens retournent à l'île Bourbon le 19 août 1871, recueillis, très amoindris, par un navire de commerce.

L'île redevient déserte. En 1873, elle reçoit la visite du navire anglais "La Pearl", le commodore Goodenough ainsi que le lieutenant Hosken font un relevé rapide de la côte nord et nord-est complétant ainsi le tracé de la côte sud. Cette carte, publiée en mars 1874 par les soins de l'amirauté anglaise, indique pour la première fois la forme générale de l'île. Le 23 septembre 1874, le commandant mouchez avec "La Dive" amène la mission astronomique française venue pour observer le passage de Vénus devant le soleil. Installée à Saint-Paul cette mission va y rester jusqu'au 4 janvier 1875. Une goélette de 80 tonneaux, "Le Fernand" s'offrit d'emmener à Amsterdam quelques scientifiques dont Charles Velain à qui l'on doit la description géologique des 2 îles. Le 16 janvier 1875, la goélette "Le Fernand" commandée par le capitaine Hermann, sur laquelle Charles Velain avait fait ses 2 voyages à Amsterdam en 1874, est jetée par un très fort coup de vent d'Est, brutal et soudain sur les falaises de l'île. 15 hommes d'équipage trouvent la mort et, seuls survécurent, le capitaine et un matelot qui furent sauvés 32 jours plus tard par un bâtiment italien.

Amsterdam Eure.jpgDepuis l'expédition de Dupeyrat et Mieroslawski en 1843, les pêcheurs de la réunion, qui continuaient à fréquenter les îles, étaient persuadés de leur appartenance française mais un son de cloche très différent circulait à Capetown où "La Novara" en 1857 déjà, avait été avisée que ces deux îles étaient anglaises et qu'elles étaient rattachées à l'île Maurice. L'incertitude régnera encore jusqu'en octobre 1892, époque ou l'aviso "La Bourdonnais" se voit confier la mission de venir hisser le pavillon français sur ces deux îles. La mer est houleuse, les canots ne peuvent s'approcher de la côte. Le débarquement est impossible. Le second capitaine se jette à l'eau avec deux matelots et gagne la côte en emportant une amarre. Un va et vient peut alors être établi… La cérémonie a quand même lieu, mais la même opération tentée à Saint-Paul, se solde par la perte du marin Hamon noyé dans le cratère. De retour des îles Kerguelen, en janvier 1893, "L'Eure" renouvelle la prise de possession.

En 1899, les 3 et 4 janvier, "La Valdivia" puis en 1903 les 16 et 17 avril "Le Gauss" visitent rapidement les deux îles tandis qu'en décembre 1910 "Le Parisiana" brule devant Saint-Paul.

Ces îles sombraient peu à peu dans l'oubli lorsque le décret du 21 novembre 1924 les rattache à la province de Tamatave à Madagascar. En 1928 toujours à Saint-Paul, la société "La Langouste Française" crée une usine de mise en conserves. 21 européens, une centaine de malgaches composent l'effectif de cette nouvelle tentative et cette "mission" dispose d'un vapeur pour le ravitaillement et jusqu'en 1931 visitent Saint-Paul. L'aviso-escorteur le "Bougainville" de retour de Crozet, en 1939, touche l'île Saint-Paul en mars et secoure le chalutier "Île Bourbon" trouvé en difficulté dans le cratère et en panne de charbon depuis fin 1938. Le mauvais état de la mer empêche l'aviso le "Bougainville" de débarquer à Amsterdam.

Pendant la seconde guerre mondiale, ces îles furent peu visitées mais cependant les anglais songèrent à installer une station météorologique à Saint-Paul. Une mission se rendit sur place à bord du "Dumont d'Urville" en 1945 mais la fin des hostilités avec le Japon les fit renoncer à ce projet. La France reprendra le projet en considération quelques années plus tard car, dans une époque où les besoins en informations météorologiques sont croissants et quand on sait que certains pays entretiennent à grands frais des stationsAmsterdam Sapmer.jpg flottantes, une île située sensiblement à égale distance de l'Antarctique, l'Australie et de l'Afrique du Sud devait nécessairement recevoir une station météorologique. C'est pourquoi le 31 décembre 1949, le langoustier "Sapmer" de 1500 tonneaux commandé par le capitaine Verdavaine débarque la première mission dirigée par Paul Martin de Vivies. Cette mission avait un important matériel pour procéder à l'installation d'une station permanente qui fonctionne normalement depuis 1950. La mission était composée de 4 météos, 4 radios, 1 infirmier embarqués à Marseille auxquels vient s'ajouter un contingent venu de Madagascar et composé de 2 européens et 13 malgaches, portant ainsi l'effectif à 25 hommes dont le chef T.P. Radavidra.


Amsterdam Martin de Vivies 1.jpg


Pendant ce temps, en 1949, le voilier auxiliaire "Cancalais" de 300 tonneaux réaffirmait la souveraineté française sur les îles et étudiait la possibilité d'une installation permanente. Il lâcha des chèvres sur l'île d'Amsterdam mais le dernier bouc fut abattu en 1954. Début décembre 1949, la frégate "Tonkinoise" rejoint le "Cancalais" à Saint-Paul puis passe une journée à Amsterdam en y laissant une petite stèle inachevée. Pendant ce temps l'aviso "La Pérouse" venant de Kerguelent avec à sont bord la mission Sicaud essaye de toucher Amsterdam pour emporter le courrier mais le mauvais temps l'en empêche ; un premier espoir déçu pour la mission.

Amsterdam Charcot Marsano.jpg

Le 10 avril, le bateau "Sapmer", sa campagne de pêche terminée, quitte l'île d'Amsterdam pour rejoindre la réunion, le 13 avril.

Le navire des expéditions polaires françaises "Commandant Charcot" de retour de Terre Adélie (où le débarquement avait été impossible) mouille devant l'île ; un dialogue d'établit, les provisions sont quelque peu complétées avant que le navire quitte Amsterdam, alors commence l'hivernage qui durera huit mois.

Le réconfort moral arrive par les messages depuis Tananarive et par l'émission spéciale de la R.T.F. "Allo l'île d'Amsterdam Paris vous parle".

Les promenades s'organisent à l'extérieur de la base.

La Dive et le Fernand sont foulés, le temps s'écoule peu à peu. 1951 succède à 1950. Un beau jour le "Sapmer" stoppe devant l'île. Le courrier est rapidement distribué, l'isolement cesse, l'époque de la relève approche. Le 26 janvier, revenant de Kerguelen "L'Italo Marsano" arrive, la relève s'effectue. Depuis cette époque le rythme s'établit ainsi.

 Amsterdam navires.jpg


Amsterdam Austral 2.jpg

D'année en année les navires se font de plus en plus nombreux. Citons le dundee "Ramuntcho", "Le Vercor", "Le Saint-Marcouf", le "Galliéni" et maintenant le "Marion Dufresne" depuis 1974.

Chaque année le langoustier "Sapmer" rend visite à la mission. De nombreuse fois le capitaine Barbanton y a été vu puis le capitaine Rioux. Le temps passe, le "Sapmer" a été remplacé tout d'abord par le "Cap Horn" jusqu'en 1980 et depuis décembre de cette même année par "L'Austral" commandé par le capitaine Barbarin.

Quelques bateaux étrangers s'arrêtent quelquefois pour raison sanitaire ou matérielle. Citons entre autres le bateau hollandais "Houtmann", les bateaux anglais "New Zealand", "Camberra Star", "Tasmania Star", le bateau français "Cetra Colombo", le voilier français "Captain Browne" en 1972, la goélette anglaise "Wave Walker" en détresse depuis 2 jours en 1977, le yatch anglais "Monomotapa" en 1977. N'oublions pas de citer les navires français tels que le "Commandant Rivière" début 1977 ainsi que le "Doudart de Lagrée", la "Durance" début 1978, la "Jeanne d'Arc", "Le Forbin" début 1978, à nouveau l'aviso-escorteur "Doudart de Lagrée" en 1979 puis l'aviso-escorteur "Commandant Rivière" en 1980. A noter aussi les nombreuses visites qui sont faites à Saint-Paul, le district étant celui de Saint-Paul et Amsterdam, il est fort possible que de nombreuses personnes soient persuadées de trouver trace de présence sur la première citée plutôt que sur la seconde ; Saint-Paul ayant connu beaucoup plus d'activité que l'île d'Amsterdam sauf depuis 1950.

Enfin il faut citer ceux qui font route anonyme, ceux qui se contente de demander la météo, ceux qui ralentissent pour voir l'île ou pour bavarder, bateaux sud-africains, anglais, hollandais, belges… Ceux, baleiniers russes ou japonais en chasse, ceux qui passent pour se rendre sur les lieux de pêche, ceux qui pêchent langoustes ou poissons, ceux qui pêchent… Sans rien dire !

Auteur inconnu (34ème mission ?).


Date de création : 10/05/2012 @ 18:59
Dernière modification : 10/05/2012 @ 19:02
Catégorie : FB8ZQ - Amsterdam Isl.
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